Si la genèse du Heavy Metal est essentiellement localisée en terres
anglo-saxonnes (Grande Bretagne et Etats-Unis), l’Allemagne a su au fil du
temps en entretenir le culte. Submergée par les hordes païennes du Grunge au
début des années 90, puis contestée par les courants hérétiques du Neo Metal
et du Metalcore, l’église Metal traditionaliste perd de nombreux fidèles.
Malgré cela, certains disciples gardent la foi. Formé à Düsseldorf en 2011,
Speedbreaker, en bon apôtre affilié au courant Speed Metal, tente de propager les
évangiles telles qu’elles étaient écrites par
Tank, Motörhead, Venom ou
Iron Maiden, sans en remettre en cause les fondements. Même si l’on
n’atteint pas l’éloquence des chapitres des susnommés glorieux prophètes,
Built For Speed répand la bonne
parole avec énergie et conviction. Si comme moi vous êtes adepte de ces
vieilles écritures, laissez vous convaincre par l’unique prêche de ces
zélateurs ayant rejoint le royaume des oubliés.
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Master Of Disguise
C’est assez amusant de lire aujourd’hui les critiques de rééditions d’albums
comme celui-ci (parus dans les années 80), écrites par des chroniqueurs
utilisant des références musicales et un vocabulaire qui n’existaient pas à
l’époque. Bon, je me la joue vieux con, mais quand même… Tout d’abord,
commençons par saluer le travail du label français Black Dragon/High Dragon
Records qui nous a permis de découvrir d’aussi différents talents que
Candlemass, Manilla Road, Peer Günt, ou CJSS. Master Of Disguise, première réalisation de
Savage Grace (et première
référence du label), sort à une époque où le Glam s’installe d’un côté de la
scène Metal, et le Speed/Thrash de l’autre. Malheureusement en matière de
Speed, on ne peut pas vraiment dire que l’œuvre m’ait donné envie de «
headbanguer ». C’est énergique, certes, avec des guitares efficaces, certes,
mais j’ai l’impression parfois d’entendre un 33T d’Iron Maiden
passé en 45T. Honnête et sympathique.
Heavy Metal Maniac
Qui se souvient du groupe
Exciter (patronyme inspiré par
le titre de Judas Priest)? Peu de monde sans doute. Pourtant, la formation canadienne fait partie
des pionnières en matière de Speed Metal, et a certainement contribué à
influencer bon nombre de groupes de Heavy/Speed/Thrash de tout poil. Sorti
quelques semaines avant
Kill ‘Em All, Heavy Metal Maniac avait de
quoi secouer son auditoire : un son brut, sorte de croisement entre
Motörhead et
Judas Priest, une énergie proche du punk, des riffs simples et accrocheurs emprunts
de naïveté juvénile. Le trio d’Ottawa nous offre neuf titres de débauche
sonore où les morceaux de bravoure que sont
Stand up and fight, Heavy metal maniac, Rising of the dead, côtoient les plus dispensables
Iron dogs ou
Black witch. Certes c’est très mal produit, et ça peut paraitre kitsch
aujourd’hui, mais une fois ce handicap surmonté, on tient un album culte
injustement oublié.
Weird Visions
Dans les années 80, ADX était une
figure de proue du Heavy Metal à la française. Malgré des critiques peu
élogieuses dans Enfer Magazine à la sortie d’Exécution, la formation obtient au fil du temps et des albums, un succès national.
Jouissant d’une réputation grandissante en dehors de l’hexagone, les
franciliens attirent l’attention d’un des plus gros labels allemands du
moment, Noise Records. Avec la promesse d’assurer une bonne exposition
médiatique et une meilleure distribution internationale,
Weird Visions sera produit chez
nos voisins teutons. Seule obligation, chanter en Anglais, afin de toucher une plus large audience. Ce choix déconcerte une partie du public français qui boude
un album pourtant bien produit et bien exécuté. Comble de malchance, Noise, au
bord du dépôt de bilan, n’assurera pas la promotion de
Weird Visions, transformant les rêves de conquête du groupe en échec commercial,
et précipitant la mise en veille de ses activités.
The Daily Horror News
S’il est des musiciens que l’on peut taxer d’opportunisme musical ce sont
bien ceux de Risk. Je m’explique. Witten, 1967, Heinz Mikus fonde Faithful
Breath. La formation évolue dans un registre Rock Progressif enregistrant 2
albums. 1980, après quelques déboires le groupe se sépare, se reforme dans la
foulée et enregistre 4 albums. Adoptant un style proche de celui d’Accept, le
quatuor n’arrivera jamais à convaincre. 1987, le Speed Metal submerge le
monde. Faithful Breath décide de changer de nom et d’identité musicale en accélérant le rythme. C’est sous le patronyme de Risk que The Daily Horror
News sort dans les bacs. Tempi rapides flirtant parfois avec le Thrash, chœurs à la
Accept, cette première livraison estampillée Metal teuton se laisse gentiment
écouter. Le point fort du groupe reste son visuel à base de caricatures d’animaux,
amenant un peu de fun là où d’autres abusent de stéréotypes éculés, souvent grotesques.
Prepare To Die
Il est des disques qui m'ont marqué non pas par leur qualité artistique, mais
par leur anecdote particulière. C’est le cas de
Prepare To Die. Feuilletant Enfer Magazine, je tombe sur une publicité de Record Mail
(société de VPC Belge). Dans la liste des imports figure ce Maxi 45 de
Slayer. Adepte de Show No Mercy, je passe commande, croyant obtenir l’ultime collector. A la réception de
l’objet, grosse déconvenue. Ce n’est pas un album des thrashers Californiens
mais celui d’une formation Texane inconnue, portant le même nom, forcée par la
suite à se rebaptiser S.A. Slayer. La première déception passée, je pose le vinyle sur ma platine et je
découvre avec surprise, quatre titres d’un Speed Metal virevoltant, fortement
influencé par le Heavy britannique. Petit bémol, le chant de Steeve Cooper
(quand il force dans les aigues) et la production, peuvent être un point de
crispation d'un EP prometteur.
Prepare to die
Final holocaust
Unholy book
Vengeance Of Hell
Les années 80 voient la popularité du Heavy Rock s’accroitre à travers le
monde. Dans son sillage, un mouvement marginal de musique extrême, le Speed
Metal, compte de plus en plus d’adeptes en dépit du manque d’exposition et de
soutien que lui accordent les médias audio-visuels et certains magazines
soi-disant Rock ‘N' Roll. Deux nations vont se partager l’essentiel de la
scène : les Etats-Unis avec
Metallica, Anthrax, Slayer (et bien d’autres
encore), et l’Allemagne avec
Kreator, Sodom, Destruction… C’est dans la patrie de Goethe, que
Living Death émerge en 1981.
Première cartouche dispensable d’un groupe qui cherche encore son identité
musicale, Vengeance Of Hell, est un album de Speed Metal honnête, avec des titres aux riffs accrocheurs
et d’autres qui ne cassent pas la baraque. Le vrai point faible de ce disque
reste sans doute le chanteur, Thorsten "Toto" Bergmann, dont les vocalises
peuvent irriter et finir par lasser.
Danger de vie
Quand sort ce deuxième 33 tours de
Killers, Bruno Dolheguy a dû faire face à la fronde de ses quatre partenaires de
jeu, partis former Titan. Enregistré avant leur départ, aléas du « music business » ou stratégie
commerciale délibérée, l’album sortira paradoxalement quelques semaines après
celui de ses ex-comparses, sur le même label (Sydney Productions), et
souffrant des mêmes carences sonores. L’hymne
Heavy metal kids ouvre le bal de
fort belle manière suivi de
L’assassin, morceau à tiroirs à la mélodie imparable, pièce maitresse de
Danger De Vie. S’en suivent l’énergique Bouffon, le dispensable instrumental
Parabellum et le speedé
Maitre du métal. Cédant à la mode du moment on retrouve l’incontournable et réussie balade
Délire de mort. L’album s’achève sur le vindicatif
Minorité et le très surprenant et
décalé A la santé de Bon (hommage
à Bon Scott). Si je devais résumer le match : Killers 1 Titan 0.
L'assassin
Maitre du métal
Titan
1986, Killers se voit amputé des
quatre cinquièmes de ses membres, laissant Bruno Dolheguy seul aux commandes
du groupe basque. De cette séparation naitra
Titan qui enregistre dans la
foulée son premier album. La production, comme souvent pour les groupes
français de l’époque, n’est pas franchement au rendez-vous, et, sans être
foncièrement mauvais, on a du mal à accrocher à un disque, qui, après trois
premiers titres efficaces, s’essouffle un peu. En comparaison,
Danger De Vie de
Killers, sorti trois mois plus tard, avec les mêmes musiciens, contient des morceaux
plus convaincants dans un registre musical identique. Ironie du sort,
Titan ne produira plus rien en
studio, sortira un ultime album live et se séparera en 1989, alors que Bruno
Dolhéguy et Killers continueront
leur petit bonhomme de chemin, envers et contre tous, proposant à ce jour avec
dix-sept albums studio, une des discographies les plus fournie du Metal
Français.
Welcome To Hell
Escroquerie musicale pour certains, génie blasphématoire pour d’autres, au
début des eighties, Venom ne
laisse personne indifférent. Le trio se démarque de ses concurrents de la
NWOBHM par une imagerie satanique et une approche minimaliste de la musique.
Welcome To Hell, premier glaviot incantatoire de la formation de Newcastle, sort en 1981.
Alliant la verve nihiliste du punk à l’énergie speed de
Motörhead, Cronos et sa bande nous assène 11 titres dénués de toute finesse. Le son
est crade, les vocaux éructés. Les musiciens ne sont pas des esthètes
virtuoses façon Joe Satriani ou
Yngwie Malmsteen, mais plutôt des bucherons massacrant la mélodie à grands coups de
tronçonneuse (Red light fever). Entre un Schizoid qui vous
vrille le cerveau et le venimeux Poison, Mayem with mercy nous offre 59
secondes de répit avant que
Venom nous achève sur les
incontournables
Live like an angel (mon préféré)
et Witching hour. Jouissif !!!
Kill' Em All
1983, année clé dans l’histoire du Heavy Metal, et
Kill’Em All, porté par sa fougue juvénile, y est pour beaucoup. Estampillé Speed Metal à
sa sortie, Metallica (20 ans de
moyenne d’âge) jette les bases d’un style : le Thrash Metal. Bientôt 40 ans
après sa sortie, je ne peux toujours pas parler objectivement de cette œuvre
tant elle fut un traumatisme pour mes oreilles. Les grincheux malentendants et
autres métalleux du dimanche reprocheront beaucoup de choses à ce disque, à
commencer par le chant de James Hetfield. Il n’empêche que cette première
production ne contient aucun titre faible. Les morceaux s’enchaînent, rythmés
et en majorité ultra rapides, brillamment éclairés par les soli de Kirk
Hammett;
Anesthesia pulling teeth met en
lumière l’étendue du talent du regretté Cliff Burton.
Kill’Em All c’est 10 torpilles
assassines, un monument de la musique, un incontournable du Metal, n’en
déplaise à ses détracteurs.
Vicious Attack
Sorti deux ans après le fabuleux Kill ’Em All (oui je sais j’en fait
trop), Vicious Attack arrive trop tard pour devenir un incontournable
du Speed Metal. Les groupes se la jouant Lucky Luke (*) du riff pullulent
aux quatre coins du monde, et, sortir du lot s’avère être une tâche ardue.
Abattoir
ne démérite pas pour autant. Ce premier opus a de quoi séduire avec des
titres rapides et agressifs à souhait (Scream from the grave, Don’walk alone), originaux (Vicious Attack), en passant par le
clin d’œil à Motörhead (reprise convaincante de
Ace of spades). Mais voilà, le train est passé, et ce n’est pas un
ennuyeux The Only Safe Place, leur second album, qui leur permettra
de raccrocher les wagons.
(*) Lucky Luke, cow-boy de BD réputé pour tirer plus vite que son ombre (c’est pour mieux expliquer ma métalphore même si elle ne fait rire que moi).
The enemy
Ace of spades
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