Si les banques, le chocolat et les montres font la fierté de la Suisse, la
confédération peut se targuer d’avoir compté en son sein des formations dont
la réputation musicale a dépassé le simple statut de la notoriété locale.
Hellammer/Celtic Frost, Coroner, Samael, Gothard et
Krokus ont largement contribué à
porter haut et par-delà les frontières, l’étendard du Metal helvète. Souvent
traité comme un simple clone d’AC/DC, Krokus, avec Headhunter, a de quoi faire taire ses détracteurs. Le travail de Tom Allom (producteur
attitré de Judas Priest) confère à ce disque une véritable identité dès les premières mesures du
titre éponyme. Eat the rich, mid tempo efficace sera repris par David Ellefson (Megadeth) sur l’album No Cover, tandis que Ready to burn se
paie le luxe de voir Rob Halford venir pousser la chansonnette. Le meilleur
d’un Krokus à son apogée, le
groupe s’orientant ensuite vers une musique plus commerciale.
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Show No Mercy
Après de longs mois de fatigue mentale et de panne intellectuelle, je reprends mon clavier pour vous parler d’une œuvre qui vient de célébrer son quarantième anniversaire : Show No Mercy. Sorti quelques mois à peine après Kill ‘Em All, Slayer nous délivre une musique vindicative mariant la vélocité de Metallica à la brutalité primale du trio de Newcastle upon Tyne : Venom. Si cette première galette est moins prisée que Reign In Blood, elle jette les bases d’un Thrash Metal dont Slayer restera un des rares représentant intègre toute sa carrière durant. Les influences d’Iron Maiden et Judas Priest ne sont pas encore totalement digérées, mais King et Hanneman nous délivrent des riffs assassins accompagnés par un Tom Arraya hurlant ses lignes vocales comme un possédé, le tout rythmé par un monstre de la batterie : Dave Lombardo. Quarante ans après, ce disque reste un incontournable brûlot qui a plutôt bien vieilli.
Torch
Comment un directeur artistique peut-il imposer le choix d’une illustration
aussi moche? Même un fantasme inassouvi sur le bronzage de la Schtroumpfette
durant sa puberté, ne peut justifier une telle faute de gout pour ce qui peut
être classé parmi les meilleures sorties européennes de 1983. Pourtant c’est
l’année de Pyromania, Holy Diver, Shout At The Devil, Kill’ Em All, Show No Mercy… Au milieu de tout cela,
Torch sort un premier album de
qualité, unanimement salué par la critique. Si
Warlock n’est pas le morceau le
plus approprié pour ouvrir les hostilités,
Beauty and the beast, Watcher of the night ou
Hatchet man apportent un peu de
mordant, plaçant les dix compositions des Suédois largement au-dessus du lot
de pas mal de productions britanniques ou américaines. Passé le choc psychologique de la pochette, le contenu vaut plus que le détour. Parfois
oublié des spécialistes, un incontournable de ma métalthèque.
La version ci-dessous est agrémentée de 8 titres bonus issus des 2 EP (Fire Raiser!!
et 3 Track 12 Inch)
Heavy Metal Maniac
Qui se souvient du groupe
Exciter (patronyme inspiré par
le titre de Judas Priest)? Peu de monde sans doute. Pourtant, la formation canadienne fait partie
des pionnières en matière de Speed Metal, et a certainement contribué à
influencer bon nombre de groupes de Heavy/Speed/Thrash de tout poil. Sorti
quelques semaines avant
Kill ‘Em All, Heavy Metal Maniac avait de
quoi secouer son auditoire : un son brut, sorte de croisement entre
Motörhead et
Judas Priest, une énergie proche du punk, des riffs simples et accrocheurs emprunts
de naïveté juvénile. Le trio d’Ottawa nous offre neuf titres de débauche
sonore où les morceaux de bravoure que sont
Stand up and fight, Heavy metal maniac, Rising of the dead, côtoient les plus dispensables
Iron dogs ou
Black witch. Certes c’est très mal produit, et ça peut paraitre kitsch
aujourd’hui, mais une fois ce handicap surmonté, on tient un album culte
injustement oublié.
Be My Slave
Formé en 1980, Bitch est le
premier groupe signé par Brian Slagel (découvreur de talents qui a lancé les
carrières de Metallica, Ratt, Slayer et consort). Emmenée
par Betsy « Bitch » Weiss, la formation enregistre en 1982 le titre
Live for the whip pour la très
prisée compilation Metal Massacre. Suivent le EP Damnation Alley, puis l’album Be My Slave (1983). S’appuyant sur les charmes de sa chanteuse qui joue les Maîtresses
dominatrices, les Angelenos (habitants de Los Angeles) optent pour une image
BDSM, signant des titres sans équivoque :
Be my slave, Leatherbound. Coté musique, c’est du Heavy Metal américain typé eighties, rugueux
dans la production, sonnant parfois punk. Sans être renversant artistiquement,
Be My Slave choquera les puritains
réactionnaires du PMRC de Tipper Gore, qui s’appuieront sur sa pochette et le
contenu des paroles pour dénoncer la dangerosité de la musique sur «
l’innocente jeunesse américaine ».
Watch Out
Watch Out est la première
livraison discographique des suédois de
Trash. Contrairement à ce que son nom peut laisser penser, sa musique n’a rien à
voir avec un style qui commence à éclore : le Thrash Metal. Ici c’est du Rock
burné, plus proche d’AC/DC ou
Hanoi Rocks (influences
revendiquées par le groupe) que de
Slayer ou
Metallica. Un chanteur, sorte de Klaus Meine à la voix éraillée, une paire de
guitaristes efficace, des compositions solides, que demander de plus ? Même si
on baigne dans un Hard Rock à la sauce wallabies qui peut paraitre stéréotypé,
les 5 de Stockholm n’hésitent pas à s’octroyer quelques écarts stylistiques
avec le funky We gonna get foxes, ou la fausse ballade aux relents d’All right now
qu’est Name of the game. L’album s’écoule sans temps mort, on tape du pied, on secoue la tête, on
passe un bon moment, c’est là l’essentiel.
Prepare To Die
Il est des disques qui m'ont marqué non pas par leur qualité artistique, mais
par leur anecdote particulière. C’est le cas de
Prepare To Die. Feuilletant Enfer Magazine, je tombe sur une publicité de Record Mail
(société de VPC Belge). Dans la liste des imports figure ce Maxi 45 de
Slayer. Adepte de Show No Mercy, je passe commande, croyant obtenir l’ultime collector. A la réception de
l’objet, grosse déconvenue. Ce n’est pas un album des thrashers Californiens
mais celui d’une formation Texane inconnue, portant le même nom, forcée par la
suite à se rebaptiser S.A. Slayer. La première déception passée, je pose le vinyle sur ma platine et je
découvre avec surprise, quatre titres d’un Speed Metal virevoltant, fortement
influencé par le Heavy britannique. Petit bémol, le chant de Steeve Cooper
(quand il force dans les aigues) et la production, peuvent être un point de
crispation d'un EP prometteur.
Prepare to die
Final holocaust
Unholy book
Burn This Town
Au palmarès des pochettes les plus moches,
Battleaxe peut postuler pour la
première place aux cotés de
Torch ou
Riot. L’album a d’ailleurs changé d’illustration à 3 reprises, c’est dire.
Attardons-nous maintenant sur le contenu. 1983 : on baigne dans la NWOBHM. Ce
qui frappe d’entrée à l’écoute de
Burn This Town, c’est la qualité du mix. Chaque instrument est audible, chose rare pour les
groupes de cette génération. Dommage que la production manque de puissance.
Ready To Deliver, qui ouvre le bal, n’est pas sans rappeler, avec
Burn This Town, les premiers albums de Saxon, et, Her Mama Told Her les vieux
Judas Priest. Le riff sautillant de
Runnin’ Outta Time, s'écarte un peu des poncifs du genre et se laisse écouter en tapant du
pied. Hands Off, dont le solo fait penser à ceux de
Freebird ou
Highway Song, conclu un album pas révolutionnaire, mais agréable à écouter.
Kill' Em All
1983, année clé dans l’histoire du Heavy Metal, et
Kill’Em All, porté par sa fougue juvénile, y est pour beaucoup. Estampillé Speed Metal à
sa sortie, Metallica (20 ans de
moyenne d’âge) jette les bases d’un style : le Thrash Metal. Bientôt 40 ans
après sa sortie, je ne peux toujours pas parler objectivement de cette œuvre
tant elle fut un traumatisme pour mes oreilles. Les grincheux malentendants et
autres métalleux du dimanche reprocheront beaucoup de choses à ce disque, à
commencer par le chant de James Hetfield. Il n’empêche que cette première
production ne contient aucun titre faible. Les morceaux s’enchaînent, rythmés
et en majorité ultra rapides, brillamment éclairés par les soli de Kirk
Hammett;
Anesthesia pulling teeth met en
lumière l’étendue du talent du regretté Cliff Burton.
Kill’Em All c’est 10 torpilles
assassines, un monument de la musique, un incontournable du Metal, n’en
déplaise à ses détracteurs.
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